Jour de rentrée scolaire

Nous sommes à Chiang Mai depuis jeudi passé et avons pu déposer nos passeports au consulat chinois de cette ville. Nous avons dû, dans les jours précédents, encore traduire en anglais notre livret de famille et la lettre de l’Etat de Vaud me donnant congé. Finalement, nous avions un demi-classeur fédéral de paperasse à transmettre, quatre feuilles de formulaires officiels, les photocopies de nos passeports et de nos tampons de séjour thaïlandais, fois cinq. A cela s’ajoute, la réservation du vol aller et retour, d’un hôtel sur place, les traductions déjà mentionnées et un extrait de nos comptes bancaires. Ils ne font en tout cas rien pour faciliter les voyageurs individuels, le feraient-ils à dessein ?
Notre demande ayant été acceptée, nous devrions obtenir nos visas, le verdict définitif tombera mercredi.

Ici, nous profitons de prendre le temps de vivre, voyager avec les enfants nous apprend à respecter leur rythme. Ils apprécient parfois de rester la quasi-totalité de la journée dans le guesthouse à jouer et courir dans la cour de ce dernier, ils nous montrent qu’ils en ont besoin. De notre côté, nous dégageons quasiment chaque jour un moment d’indépendance pour Valérie ou pour moi-même, la visite d’un marché, d’un temple, aller boire un verre seul est ressourçant. Trouver un équilibre dans une vie aussi communautaire est un défi de chaque jour. Nous partageons avec eux une partie de nos interrogations, de nos envies, de nos besoins et comme autant de cadeaux, ils arrivent de temps à autre à formuler les leurs. Jamais je n’avais passé autant de temps à les observer, une telle expérience est parfois lourde ou réserve des moments de tension comme après un long trajet : cinq personnes fatiguées avec l’estomac vide, c’est détonnant ! Savoir que ce style de vie s’installe pour longtemps, que ce n’est pas juste pour la durée habituelle des vacances nous force à nous projeter et à trouver une entente pérenne.Le « vivement qu’ils reprennent l’école » inavouable, qui chatouille, je crois, (suis-je normal ?) l’esprit de tous parents n’est pas un refuge envisageable pour nous.
Vivre loin de chez soi au milieu de gens dont on ne partage ni la culture, ni la langue révèle des trésors. Juste pour illustrer : partager une grande discussion philosophique sur la place et l’existence de l’être humain sur terre en plein zoos avec Quentin, entendre Samuel s’extasier sur la beauté des temples, voir Jules poser pour les photos, sans gêne avec des inconnus ou Valérie repérer, personne ne sait comment, un dessert inconnu et typique au milieu de plusieurs dizaines de mètres de stands, quel bonheur ! Les manques et les défauts de chacun sont aussi révélés, mais ceux-là, nous les connaissions depuis longtemps !

Nous avons mis le pied à l’étrier aujourd’hui, les enfants (et nous du même coup) ont fait leur rentrée scolaire sous l’œil médusé de quelques touristes ne comprenant pas forcément ces parents qui ne peuvent laisser tranquilles leurs enfants durant les vacances ! Ce fut un vrai moment de complicité et de partage, ils ont vraiment bien participé et étaient demandeurs, peut-être était-ce sécurisant pour eux ? Ils ont avoué que le jour de la rentrée, jamais on leur en avait demandé autant, c’est vrai qu’avec trois élèves les moments creux sont rares. Je ne sais pas si c’est mon métier d’enseignant qui me retient souvent d’expliquer des nouvelles notions de maths ou de français à mes enfants, comme s’il y avait de la pudeur ou du respect pour l’institution de laisser chacun à sa place ? Mais aujourd’hui, j’ai vraiment apprécié ces deux heures et demi d’école !

Les enfants ont une faculté d’adaptation impressionnante, les premiers jours en Asie, ils se promenaient souvent collés à nous. Il arrive maintenant qu’ils gambadent quelques mètres devant nous, mais notre vigilance est de tout instant, entre les motos qui roulent à contre sens, les voitures qui grillent les feux des piétons, les trous sur les trottoirs, les bords de route encombrés de vendeurs en tout genre : il faut être à son affaire.
Ils s’habituent aussi à la nourriture. Heureusement qu’ils apprécient le riz, les soupes de nouilles de riz, le riz sauté, la soupe de riz… mais aussi le riz gluant aux mangues nappé de lait condensé !
Une pizza, un sandwich, des frites amènent parfois quelques variations.

Jamais je n’aurai pu imaginer nos enfants boire des bouteilles d’eau devenues chaudes ou rester calmes dans un songtaew (pick-up avec des banquettes couvertes à l’arrière) durant plus d’une heure.

Nous avons visité le zoo Chiang Mai, si vous deviez être réincarné en animal captif, je vous déconseille de venir vivre dans ce lieu, à part si vous êtes un panda ou un gibbon. Ce n’était pas tragique en soi ou pire que certains zoos helvétiques, mais visiter ce genre de lieu ici aiguise sûrement le sens critique.

Aujourd’hui, après avoir rempli notre devoir d’instruction, nous avons visité la ferme des insectes, les enfants ont adoré, la maman a eu quelques frayeurs. Je vais entretenir le suspense en laissant les enfants raconter ce qu’ils ont pu vivre un de ces prochains jours !

Christophe

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