De Lijiang à Jian Shui

De Shaxi, nous nous sommes rendus à Lijiang. Comme l’a écrit Valérie, nous avons fui le centre de cette ville, il fallait maintenant payer une entrée pour y entrer et avons préféré nous rendre à Shuhe, à quatre kilomètres de là pour trouver le même décor, les mêmes vieilles rues pavées et bordées de ruisseaux que Lijiang. Hormis, les boutiques de souvenirs qui alternaient avec les restaurants, le cadre était magnifique. Des constructions récentes (ou plutôt de vieux-neuf) et des chantiers montraient que ce centre « historique » était destiné à s’étendre, on peut parier que dans quelques années la visite de cette ville sera elle aussi payante.
Nous avons vraiment pu constater que la clientèle touristique en Chine avait changé, elle est devenue exclusivement ou presque, chinoise. Sur les cinq jours passés dans cette ville, nous n’avons pas une seule fois pu échanger avec d’autres touristes occidentaux, ce qui, à coup sûr, aurait été le cas précédemment.

Nous avons profité de ces quelques jours pour prolonger nos visas chinois. Ce fut une aventure sur laquelle je reviendrai plus tard. Cela nous a tout de même donné l’impression d’être suivi, espionné. On a ressenti pour la première fois une peur d’agir mal, écrire ce blog alors que nous n’y avons pas accès, pourrait-il compromettre nos prolongations de visa ? Sentiment étrange de culpabilité alors que nous n’avons rien fait de mal. Deviendrait-on paranoïa ?

C’est lors d’une promenade en solitaire sur la colline surplombant cette bourgade que j’ai eu le plaisir de rencontrer trois chiens charmants s’amusant devant une maison. Le premier a  grondé, le deuxième a aboyé et le troisième a chargé ! C’était eux ou moi, mon coup de pied « pointu et centré » (comme au football 🙂 sous la mâchoire d’un de ces diables a décidé que ce serait eux ! Et les trois ont reculé sous les cris stridents de celui que j’avais pris pour cible, j’en tremble encore en écrivant ces lignes !

Entre l’école et quelques balades dans cette petite ville, le temps s’est doucement écoulé. Nous avons pris le train pour nous rendre à nouveau à Kunming et avons séjourné là deux jours avant de nous déplacer jusqu’à Jiang Shui plus au sud.

Le trajet en train « couché-dur » avec, pour cinq personnes, trois lits de septante centimètres sur un mètre huitante s’est étonnement bien déroulé. Les appels de Samuel me demandant d’enlever mes pieds se trouvant sous son coussin n’ont, malheureusement pour lui et bien malgré moi, pas pu avoir d’échos.

A Kunming, j’ai eu la mission de me rendre dans un supermarché avec Jules, Valérie étant patraque,  afin de lui acheter un nouveau doudou, il avait oublié le sien dans un guesthouse. Ici, une simple activité comme du shopping devient une visite culturelle, quoique pour moi, vu ma faible fréquentation des supermarchés, toute visite d’un temple de la consommation s’apparente à un voyage dans un autre pays. Bref, imaginer, quatre étages, bondés (nous étions un dimanche), tous les trois mètres devant les frigidaires, les rayons de sucreries, de poulet sous-vide, d’emballages dont on ignore le contenu, des rayons de cosmétiques, de produits d’entretien, … un vendeur était posté, tenant dans ses mains les articles soldés de son empire et hurlant plus fort que son voisin pour refiler sa marchandise aux clients ! Quel brouhaha et quelle vie ! Etreignant la main de Jules pour ne pas le perdre – je le chercherais encore si je l’avais perdu – nous avons fini par dénicher un petit chien en peluche !

Nous sommes maintenant installés à Jiang Shui, ville du sud, ville campagnarde coupée en deux entités presque distincte. D’un côté, le centre historique entouré de murailles, rénové et « brillant » et de l’autre, une ville aux allures de bidon-ville. Les gens nous observent toujours autant, mais ayant affaire à des locaux et non à des touristes chinois, le nombre de photos a légèrement diminué.

A peine arrivés, nous avons fait la connaissance d’une famille de genevois avec trois enfants du même âge que les nôtres, voyageant durant six mois. Ces moments d’échange sur notre vécu dans la langue de Molière sont précieux !

A midi, aujourd’hui, dans un petit restaurant tenu par un jeune couple, nous avons vécu de ces moments qui sont plus inoubliables que la visite d’un des temples les plus grands de Confucius précédemment effectuée dans la même ville. Soucieux que nous mangions bien, ils n’ont eu de cesse de nous présenter leur téléphone portable chargé de messages traduits en anglais : « Est-ce que c’est bon ? Est-ce que vous appréciez ? », pour poursuivre avec des frites gratuites pour les enfants et du tofu grillé, la spécialité locale. Le bonheur tient parfois a peu de chose et il me revient à l’esprit les retours en Europe après de longs séjours en Asie, on redevient un blanc parmi les blancs, individu anonyme au milieu des foules de ses semblables, se sentir exceptionnel est quand même « vachement »  nourrissant !

 Christophe

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