C’était bien !

A Bangkok, on est allé voir des serpents. Là-bas, les monsieurs ont porté un cobra royal ! Et après les cobras leur sont venus contre et après ils ont fait un truc dangereux. Ils ont pris la queue des cobras et après ils ont pris des serpents beaucoup moins féroces.

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Maintenant nous sommes à la mer. Je fais des sauts périlleux et des sauts avec papa. J’ai vu plein de trous de crabes et un dans la mer aussi. On a vu beaucoup de crabes, des petits et des grands. J’en ai même mangé ! J’aime bien la mer, c’est  cool !

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Gros bisous, au revoir,

Jules

Le zoo des serpents

A Bangkok, on est allé au zoo ou il y avait des serpents (des vipères vertes, des pytons, des couleuvres et des cobras royaux). A la fin de la visite, nous sommes allés voir un spectacle de serpents. Au début, ils ont utilisé un cobra royal, le manipulateur de serpents l’a touché plusieurs fois et à chaque fois le cobra lui venait contre. Après ils sont allés cherché deux autres cobras (pas royal)  et ils faisaient la même chose. Ensuite ils sont allés chercher d’autres sortes de serpents beaucoup moins féroces. Puis il y en avait un, il était hyper agressif mais pas venimeux. Le dresseur de serpent nous a même montré que certains serpents ne sont pas dangereux en faisant exprès de se faire mordre. J’ai trouvé ça cool ! J’ai même pu porter le python.

Maintenant, nous sommes au bord de la mer, nous jouons très bien, on est bien !

Samuel

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Dernière semaine de Chine

Pour cette dernière aventure chinoise, nous n avons pas (a la grande incompréhension de Quentin et Samuel) choisi la grande muraille ou l armée des soldats de terre cuite mais le paysage extraordinaire des environs de Guilin. A un moment donné, je me suis dit que c était peut être une erreur d avoir choisi ce site car on en entendait tellement parler que j ai eu peur que ce soit devenu hyper touristique et payant ! Mais non, ouf, le choix était le bon :-). On a trouvé un village qui se remplit de cars de touristes la journée mais qui se vide le soir venu et on profite de la gentillesse et de l accueil chaleureux des locaux. Notre guesthouse est situé dans la rue centrale piétonne, ce qui permet aux enfants de jouer dans la rue avec d autres enfants ou de susciter l intérêt du voisinage. Nous avons même eu deux vieilles spectatrices qui nous ont observé pendant tout l heureux dîner « hamburger frites » :-D. On rigole bien ! Cette semaine entière au même endroit a été ressourçante pour tout le monde, entre ballade, grimpe, vélo, bateau et shopping on s est fait plaisir !
Valérie

Les fameux petits mots :
Quentin : quoi !!! On ira pas voir la grande muraille !!! C est pas possible !
(On a beau expliquer que c est à des milliers de kilomètres… C est quand même en Chine :-))))
Samuel : t as vu maman comme il est gros le monsieur !
Maman : fais attention a ce que tu dis, ça se peut qu il parle  français !
Samuel : ah oups j avais oublié !
Ben oui, ici on se permet souvent de dire tout haut ce qu ailleurs on dirait tout bas…et je pensais que les enfants avait compris que face a des occidentaux, faut se méfier :-P.
Jules : y a toujours la guerre en Syrie ?
Maman : oui, toujours..
Jules : ça veut dire qu il y encore des gens vivants…pour faire la guerre !

Val

RETOUR  EN THAÏLANDE

Je suis de retour en Thaïlande. Nous avons pris l’avion 2 fois. 1 fois jusqu’à Nanning (une ville de Chine), pendant une heure, et une fois jusqu’à Bangkok (la capitale de Thaïlande), pendant 2 heures.
A Bangkok, j’étais content car nous avons pris le même guesthouse que la première fois (le lamphuhouse).

Chez vous, je crois que c’est les vacances, non? Je crois aussi (je suis même sûr) que ma classe (et tous les 5-6 de Bex) vont déménager au collège de la Servanne. Il paraît que ça sera trop bien !!! Il y aura une grande bibliothèque qui sera ouverte, une fontaine dans la cour, des bancs et on pourra utiliser les terrains de jeux !

Il y a quelques jours, on n’a envoyé un colis pour la Suisse. J’espère qu’il va arriver, sinon on serait embêté car il y a dedans plein de souvenirs pour nous !!!

A Bangkok, nous sommes allés dans un centre de serpents où ils fabriquaient de l’anti-venin. Pour y aller, nous avons d abord pris un bateau sur le fleuve, puis le train qui survolait les rues de Bangkok sur des rails. J ai eu un tout petit peu peur surtout quand le serpent sans venin a mordu le monsieur.

Maintenant, nous sommes a la plage, dans le golfe de Thaïlande. La mer est drôlement chaude !

A bientôt.

IMG_2440 IMG_2445                                                                                                                    IMG_2449        IMG_2456

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QUENTIN

Montée sur un pic

En chine, a Xingping, je suis monté sur une grosse montagne, au début ça allait et ensuite s est devenu très dangereux. On est monté sur une échelle très dangereuse, les barrières ne tenaient pas bien. Il y a eu une grande discussion car papa voulait y aller et maman ne voulait pas, car elle avait peur pour nous. Nous y sommes quand même allé et finalement c est la descente qui était plus douloureuse que la montée. Je vous ai pas en encore dit mais en Chine tout le monde me prend en photo :-).
Samuel

Quelques jours « à la maison »

Nous sommes à nouveau à Bangkok. J’en profite pour publier quelques textes restés en mémoire sur l’ordinateur. Je remercie notre webmaster, Valérie Amos, qui a bossé pour nous depuis la Suisse pour nous permettre de donner des nouvelles, notre site étant inatteignable et bloqué en Chine, un immense merci à elle !

(L’article ci-dessous est le plus récent, les plus anciens étant en-dessous).

A Xingping, après un changement de logement, nous avons déniché un petit guest house dans lequel les tenanciers ont été à nos petits soins durant la durée de notre séjour. Outre le prix dérisoire demandé pour la chambre qui baissera encore sans qu’on le demande – fait-on si mal au cœur ?- la chambre était spacieuse et nous offrait une vue splendide. Avant-hier, en quittant ce lieu, un gâteau au chocolat confectionné par la patronne à notre intention nous a offert un « au-revoir » avec un petit pincement au cœur !

Durant les jours passés dans cette région, nous avons gravi un pic, en fait une colline. Jules attaché avec une corde et sa maman rongeant son frein jusqu’à ce que la « balade » soit terminée (je vous laisserai découvrir sa version si elle désire en parler), je dois admettre que c’était un peu raide sur la fin, mais la récompense offerte par la vue en valait la peine.

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Apprenant que Yuangshuo, ville située à 40 minutes de bus était l’un des « spots » d’escalade de Chine, j’avoue, j’ai craqué en trouvant sur internet un « guide » avec qui grimper quelques heures. Quel plaisir, surtout lorsque j’ai vu le site où il m’a emmené, fait de rochers percés de larges trous et qui avait pour nom : swiss jeese !

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Nous avons aussi eu l’occasion de braver l’interdiction de faire du bateau en famille : Jules n’atteignait pas la hauteur minimum exigée d’un mètre vingt. Lorsqu’on ne comprend pas le sens d’une règle, elle est difficile à respecter. Après avoir marché une heure et demi le long de la rivière Li Jiang pour arriver au milieu de nul part, un bateau en bambou était stationné non loin. Le temps de terminer notre pique-nique sommaire, le propriétaire était à notre hauteur en train de négocier notre retour. Soucieux de ne pas être amendé, il nous a ramené à une dizaine de minutes de notre point de départ afin d’éviter de nous déposer au port et ainsi être vu ayant Jules à son bord.

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Un autre jour, une balade à vélo autour de la ville voisine de Yuangshuo nous a permis de tester le tandem, ainsi que le tridem pour constater que les Suisses sont souvent très respectueux des  règles. Peut-être sont-elles encore – pour le moment ?- fondées. La visite de la «Moon hill », colline percée d’un gigantesque trou nous en a donné une illustration. Les interdictions de pratiquer l’escalade dans ce lieu qu’on croirait créé pour ça, jalonaient le chemin. Arrivés sous l’arche, entre quatre et cinq cordées gravissaient les bords de ce trou béant.

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Après quatre heures de vol depuis Guilin, nous voici aujourd’hui de retour à Bangkok pour quelques jours avant de reprendre la route vers l’est pour aller à la mer.

Christophe

Retour à Kunming pour se rendre à Xingping

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Après notre séjour à Pugalao, nous sommes retournés à Xinjé. Le lendemain, le trajet jusqu’à Jianshui, alors qu’il devait être direct, a été prolongé par un arrêt de trois quarts d’heure dans une gare routière. C’était long et contrariant, cela paraît anecdotique pour qui, comme nous a le temps – ou plutôt du temps – comme trésor, mais sur le moment, c’est juste long et ennuyeux, surtout lorsque nous avons compris que le bus parti une heure plus tard arriverait avant nous.

Arrivés à Jianshui, la ville était métamorphosée. Les rues étaient bondées de touristes chinois, empreinte des  vacances nationales. Les mendiants avaient fait leur apparition, certains restaurants que nous avions déjà fréquentés avaient largement simplifié leur carte. Les Chinois doivent certainement épargner l’année entière, afin de profiter au maximum de ces quelques jours de pause. Certaines boutiques – celles de chaussures particulièrement – paraissaient avoir été pillées, les étales étaient à moitié vides, des papiers jonchaient le sol, et une foule de dames comparaient le profil de leurs orteils.

Le lendemain, le voyage en train jusqu’à Kunming, de quelques heures, tous assis sur la même banquette, nos trois enfants collés les uns aux autres, s’est bien passé, ou plutôt S’EST BIEN PASSE ! Même si l’entente entre nos trois lulus n’est pas toujours au beau fixe, une vertu de ce voyage semble être de les rendre un peu plus tolérants, voire même parfois solidaires les uns envers les autres.

Kunming, retour à la case départ de notre aventure chinoise, les mêmes rues avec un mois d’écart. Cela permet de ressentir nos capacités d’adaptation. Le malaise ressenti en entrant les premières fois dans un restaurant sans carte en anglais a disparu, nous savons désormais qu’entre nos connaissances minuscules de la langue (comment dit-on en Chine ?  de Lao Zheu ou de Confucius ? ) et l’abandon de notre politesse helvétique pleine de principe, cela se passera très bien . Bizarrement, les Chinois étant, à nos yeux, sans gêne, cela permet par symétrie, de laisser de côté notre culture du « ne pas déranger ». Les enfants font du bruit dans un restaurant, et alors ! Vous voulez quelques choses, vous entrez dans la cuisine, et alors ! Vous voulez observer ce que fait quelqu’un dans la rue, vous vous plantez devant lui quinze minutes, et alors ! Vous voulez passer, il y a du monde devant vous qui ne se pousse pas, vous bousculez, et alors ! Cela procure un sentiment d’immense liberté au pays où les libertés individuelles ont tant de progrès à faire, paradoxe incompréhensible.

Le soir suivant, nous avons pris le train pour Guilin, vingt-trois heures de trajets prévu, nous n’en avons fait que vingt-deux, ici les trains ont parfois de l’avance. Lors de l’achat du billet, la taille d’un enfant étant déterminante, nous avons demandé à Samuel de se tenir vraiment bien droit afin d’acheter quatre billets de train « couché-mou » et ainsi bénéficier d’un compartiment fermé de quatre lits. Malgré cette précaution, c’est dans une atmosphère très tendue que s’est déroulé le voyage, entre les cris de l’un, les pleurs de l’autre et les caprices du troisième, l’orage planait sur notre moral en arrivant à Guilin.

Heureusement, très fier, j’avais pu annoncer aux enfants que j’avais réservé un appartement dans cette ville via internet. C’était un peu audacieux de faire cela en Chine et ça, c’était sortir des sentiers battus ! A la gare de Guilin, nous avons embarqué dans un triporteur, la conductrice semblait connaître l’adresse, avant de nous abandonner dans un terrain vague sous la pluie, en nous indiquant que le locatif que nous cherchions devait se trouver dans l’ensemble d’immeubles non loin. Quinze minutes de marches plus tard et autant de demandes auprès des passants, le bâtiment convoité n’avait toujours pas été trouvé. J’ai laissé la famille dans un pseudo garage à l’abri des intempéries et ai finalement découvert ledit logement : il était déjà occupé par des touristes chinois, vive booking ou ma naïveté ! Ces derniers, qui parlaient anglais, (quelle chance en Chine !), nous ont accueilli dans le salon de l’appartement, ont appelé « le boss » qui nous a envoyé une de ses amies.

 

Elle nous a emmenés dans un appartement de vacances plus près du centre et moins cher ! L’audace peut parfois payer. Mais durant l’heure passée à attendre que cette amie vienne nous chercher, alors qu’il pleuvait et que la nuit tombait, je n’en menais pas large. La fumée sortait silencieusement des oreilles de Valérie. Les enfants avaient retrouvé un calme soucieux ou un souci calme ou étaient soucieux de ne pas ajouter à l’atmosphère pesante des préoccupations supplémentaires.

Après une journée passée à Guilin, nous avons repris la route en bus vers le sud, direction Yuangshuo, puis Xingping. Les enfants semblaient découragés et las du voyage. Une tournée de pizzas ; puis le lendemain, des assiettes d’hamburgers et frites, leur ont permis de recharger les batteries. Nous avons découvert le paysage de cette région, des collines karstiques semblant crever la terre et en général, totalement indépendantes les unes des autres : un paysage montagneux sans vallée. La terre a une imagination débordante et cette vue, fait rare, m’a laissé sans voix, un seul mot : beau !

Christophe

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Un milliard de Chinois sur les routes… et nous, et nous, et nous ?

Assis à l’entrée d’un guest house dans la campagne chinoise, nous partirons dans quelques heures pour reprendre la route vers Jian Shui, puis Kunming afin de voyager en train jusqu’à Guilin. Notre parcours est inhabituellement fléché, nous avons réservé le train et les chambres d’hôtel pour les dix jours prochains. Aujourd’hui, c’est la fête nationale, qui est suivie d’une semaine de congé pour toute la Chine. Imaginez plus d’un milliard de personnes ayant leurs vacances simultanément, leur unique semaine de coupure pour la plupart, ça fera du monde sur les routes. Nous avons vu une chambre d’hôtel passer de 150 yuans à 360, ce n’est pas la règle, les prix ne font en général que doubler ! On ne sait pas trop à quoi s’attendre, on verra bien. Mais être en train de manger tranquillement et voir un père de famille sans aucune demande venir s’asseoir à notre table pour se faire photographier par sa femme, grand sourire aux lèvres, nous a déjà donné un aperçu. En vacances, certaines nationalités occidentales ont la réputation d’être sans gêne, s’il y avait une compétition dans ce domaine, le Chinois moyen serait sans aucun doute dans le « top 5 ».  Nous savons, par contre, que cette journée est peu fêtée dans les régions où nous nous trouvons. Il est compréhensible que lorsque vous faites partie d’une minorité, vous n’avez certainement pas envie de commémorer la création de la Chine moderne.

Nous avons passé six jours à Pugaolao, ne cherchez pas sur une carte, vous ne trouverez pas, les trente maisons, dont six ou sept guest house qui constituent le village ne sont pas assez présomptueuses pour y apparaître. Nous sommes dans une région située dans le district de Yuanyuang connue pour ses rizières en terrasses. Nos ancêtres vignerons en ont bavé pour construire des murs et déplacer des tonnes de terres ; mais on ne peut que constater ici le travail titanesque qui a été effectué. C’est du bas des vallons jusqu’à leur sommet, pour certains sites, que la montagne a été découpée en terrasses planes, le tout servant d’illustration parfaite aux courbes de niveaux. Chaque parcelle est inondable grâce à un système ingénieux de canaux et de « bisses ».
Le gouvernement chinois ayant flairé le filon, demande, depuis  environ cinq ans, 100 yuans pour accéder aux villages, bien que le tourisme de masse chinois n’ait pas encore envahi ce coin du monde. Après d’âpres négociations, outre nos tickets, seul Quentin a été taxé à cinquante pourcent de cette somme. Aucun scrupule à chercher à économiser la moindre somme pour ces entrées, lorsqu’on sait que l’argent récolté ne retombe d’aucune façon sur les villages visités.

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Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de goûter à une spécialité locale, les larves de frelons. Les nids sont exposés au marché et les larves récoltées à mesure des ventes dans une cuvette, une fois frites, il paraît que c’est succulent.

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Autre anecdote, nous avons découvert que les restaurants ont l’obligation d’afficher une note de « food safety ». Les évaluations vont de « A », signalé par un bonhomme affichant un large sourire, suivi du bonhomme « B », ayant un air  mitigé et finalement, un bonhomme « C » tout rouge, lèvres retroussées. L’humiliation d’un « C » ne semble n’avoir aucune influence sur la fréquentation des gargotes. Durant tout notre séjour dans cette région, nous n’avons vu qu’un seul restaurant afficher un « B », tous les autres ayant obtenu un « C ». Nous avons donc, le sourire aux lèvres, dégusté à plusieurs reprises de la gastronomie dans des lieux ayant obtenu l’équivalent d’un « 1 » ou d’un « 2 » au gault et millau. L’état des cuisines, souvent ouvertes et du frigidaire vitré vers lequel tout client est dirigé pour choisir ses plats, sont en général cohérent avec la lettre obtenue. Par contre, après description du panneau et du « C » affiché, Samuel très sérieusement nous a livré sa conclusion :  « ils se sont trompés parce que c’est très bon ! ».

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Nous avons aussi eu le plaisir de partager ces jours en compagnie de la famille suisse rencontrée précédemment et dont les trois enfants ont un peu près les mêmes âges que les nôtres. Nous avons vraiment appréciés ces moments de partages et pour les enfants, ces moments de jeux et la possibilité de rire de gags que les adultes ne jugent habituellement pas drôle. Ces journées ont vite passées, alternées entre des moments d’école et des superbes balades dans ce paysage hallucinant.

Peu avant de quitter Pugaolao, en compagnie de la gérante de notre guest house et des six enfants helvètes, je me suis rendu près de l’école du village. Il n’a pas été possible d’entrer dans l’enceinte mais rapidement notre petite troupe a attiré les regards des élèves quittant leur classe pour se rendre à la cantine. Le premier petit attroupement réuni devant la grille,  a été dispersé par les cris du surveillant. La gérante de notre guest house discutant et riant avec ce dernier, je n’ai pas vu de raison de quitter les lieux. Le deuxième attroupement, légèrement plus conséquent, a été dispersé avec sa savate levée accompagnant ses  cris. Le troisième attroupement (peu après la photo) a été dispersé par un balai dressé en dessus des têtes. Ce gardien savait être dissuasif !
Nous avons pu ensuite assister aux méthodes éducatives chinoises : cinq élèves avaient, semble-t-il, volé quelque chose dans l’école. Deux cancres ont été embarqués par la police, tandis que les trois autres, faisant face à l’ensemble des élèves réunis dans le préau ont dû rester immobile de longues minutes, bras à l’équerre du corps et jambes fléchies, le directeur prolongeant leur supplice par un discours dont le ton n’avait rien de sympathique !

 

Quelques considérations sur la Chine…

La Chine est un pays sur lequel on écrit beaucoup. Les occidentaux que nous sommes me paraissent éprouver des sentiments ambivalents pour ce pays, un mélange de fascination et de crainte. D’un côté, cette culture si différente, millénaire, cette énergie vouée vers le développement, ce pays-usine mondiale, cette capacité à reproduire et imiter, interpelle. De l’autre côté, cette puissance mondiale fière et nationaliste, peu respectueuse des droits de l’homme et de l’environnement, de ses minorités, ce pays qui représente un sixième de la population mondiale, fait peur. Son appétit insatiable pour les ressources mondiales, sa pseudo-colonisation de l’Afrique nous paraissent un danger pour notre futur. Mais une fois que l’on s’y promène, que voit-on ? Que perçoit-on ? Voici un portrait tout subjectif du sujet par ordre de leur découverte et de mes questionnements.

En matière d’environnement, la première surprise fut de voir les rues des villes parcourues de scooters électriques, les deux-roues à moteur deux temps, qui rendent l’air irrespirable dans  tant d’autres pays de l’Asie du sud-est avaient disparu. Les toits étaient couverts de panneaux solaires pour chauffer l’eau, les lampadaires étaient fournis en électricité par des éoliennes à leur sommet et des cellules photovoltaïques. Par contre, régulièrement, on pouvait aussi voir des décharges à ciel ouvert, des feux brûlants plastiques et autres matières malodorants. Une odeur âcre caractérisait les villes.

La deuxième surprise fut le développement exponentionnel du tourisme chinois. Entre notre premier séjour, il y a douze ans et ce séjour-là, rien n’était comparable. Cette fois-ci, les villes et les sites touristiques débordaient de chinois armés d’appareils photos mitraillant monuments, rues et –comme déjà mentionné à plusieurs reprises – nos enfants. Des touristes qui dépensaient sans compter. Le gouvernement semblait l’avoir bien compris, pour chaque site ou presque, digne d’intérêt, un droit d’entrée, souvent prohibitif était perçu. Par prohibitif, j’entends, des sommes allant de CHF 5.- pour un petit temple isolé à CHF 30.- pour un centre-ville historique, un site naturel ou une vallée. Pour illustrer mon propos, on pourrait imaginer que pour se rendre à Anzeindaz (même à pied), vous deviez payer une trentaine de francs par personne. Heureusement pour nous, les enfants sont exonérés de ces taxes s’ils mesurent moins d’un mètre vingt ou d’un mètre trente selon les lieux. Valérie et moi, étant plutôt de la race des lilliputiens et les chats ne faisant pas des chiens, nous avons fait des économies.
Nous avons souvent cherché à fuir ce genre de lieu, mais cela ne fut pas facile. L’accès à des lieux où l’industrie du tourisme chinois n’avait pas encore senti le filon n’était pas aisé. Avec nos trois enfants, nous castrions notre côté explorateur et peu soucieux de notre logement et de notre nourriture. Nous avons, malgré cela, pu trouver quelques lieux où la vie était douce et agréable et avons eu tendance à séjourner plusieurs jours dans ces endroits. En un mois et demi, nous n’avons finalement pas visité un nombre considérable de sites, mais ce rythme nous a parfaitement convenus. Nous avons aussi pu constater que le nombre de touristes occidentaux étaient en baisses. Il y a douze ans, dans presque chaque lieu, nous nous retrouvions dans des guesthouse occupés par quelques touristes avec qui nous pouvions dialoguer. Cette fois-ci, rare furent les fois où ces rencontres eurent lieu, nos hébergements étaient occupés par des visiteurs chinois. La difficulté d’obtenir un visa y serait-elle pour quelque chose ?

Le touriste chinois était en lui-même une attraction, ses comportements, sa soif de trophée photographique : poser devant le panneau indiquant le site visité, était une distraction en soi. Nous nous interrogeons encore aujourd’hui sur le devenir des centaines de photos prises de nos enfants. Ornent-elles des chambres de séjour ? Sont-elles publiées sur le facebook national ? Ou ne sont-elles qu’un grain de sable parmi la plage de photos prise durant leur séjour ?
Renseignements pris, la plupart des chinois n’ont qu’une semaine de vacances par année. Leur voyage semblait donc être une course contre la montre pour ramener un maximum de trophées photographiques.
Ce séjour en Chine a aiguisé nos perceptions. Interpréter les regards, bienveillance, curiosité ou moqueries, était devenus un sixième sens. Nous avons perçu que c’était en général avec les minorités que le contact était le plus normalisé et humain. Nous avions avec ces peuples le point commun d’être des attractions déshumanisées  pour le peuple han majoritaire, en étant comparable à des sites touristiques mobiles. Tôt le matin, dans les lieux touristiques, nous retrouvions des regards bienveillants en traversant les marchés alimentaires dont les stands étaient tenus par des locaux. Ces stands à même la rue, quelques heures plus tard avaient disparus, laissant la vue aux boutiques de souvenirs tenues majoritairement par des hans.

Nous avons pu aussi constater que la population était vieillissante, la majorité de la population semblait avoir cinquante ans et plus. Je ne me suis pas amusé à consulter des statistiques sur la moyenne d’âge de ce pays, mais avec la politique de l’enfant unique, il est clair que la pyramide démographique chinoise doit avoir tendance à vaciller sur sa pointe. Aujourd’hui, cette politique s’est légèrement assouplie, les enfants uniques, dont les parents ont respecté la loi, ont le droit d’avoir deux enfants. Les règles semblent différer d’une province à l’autre, dans le Guangxi, si l’aîné est une fille alors les parents peuvent avoir un deuxième enfant. La sinistre légende des bébés filles noyées serait-elle fondée ?

Faire fi de ces règles est lourd en conséquences, les couples fraudeurs sont sanctionnés, limitation dans les possibilités d’avancement professionnel, aide familiale coupée, pénalités. Il semblerait que les campagnes soient peuplées de personnes non déclarées. Merci à Quentin pour sa superbe question « et si les parents  n’ont pas  eu d’enfant, combien ceux-ci peuvent-ils alors en avoir ? ». Les peuples minoritaires, hui, dai, bai, naxi,… ont le droit d’avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent. Si toute la population suisse habitait en Chine, elle serait, vu son nombre d’individus, considérées comme une minorité !
Lors d’une discussion avec une chinoise, mère d’un enfant, dont le mari est tawainais, j’ai appris qu’elle pouvait avoir plusieurs enfants à cause de l’origine de son époux. Fatiguée par les nuits trop courtes que lui offrait son enfant en bas âge, elle m’a avoué dans un rire, qu’un enfant était bien suffisant et qu’elle n’en voulait pas d’autre.

Parfois, nous nous sommes demandés pourquoi nous nous étions acharnés à vouloir venir dans en Chine. Les difficultés pour obtenir le visa avait déjà mis quelques obstacles. La barrière de la langue, le côté phénomène de foire était parfois pesant. Mais je crois que la Chine, outre ses aspects esthétiques, est une sacré école de vie et pousse certains apprentissages : interpréter les regards, les gestes, remarquer la bienveillance, développer sa méfiance « utile », faire confiance à son instinct, bref pratiquer au quotidien le langage non-verbal. Dans les lieux où nous avons séjourné plusieurs jours, nous avons tissé des liens avec des commerçants, des restaurateurs, des voisins de pensions, nous les saluions dans la journée dans les rues en les croisant au hasard et lorsque, chargé comme des mulets avec nos sacs à dos, notre petite troupe prenait son envol vers une nouvelle destination, nous sentions avec une force parfois déroutante un pincement au cœur en disant au-revoir aux visages souriants de ces gens.

A Lijiang, nous avons voulu prolonger nos visas. Nous en avions obtenus un de trente jours et il nous manquait deux semaines pour séjourner en toute légalité en Chine. Très confiants, nous avons pris un taxi et nous sommes rendus au bureau de la sécurité public. Notre guide de voyage disait qu’il était simple d’obtenir une extension dans cette ville. Pour accéder au bâtiment de cette police dévouée au peuple, des escaliers d’une vingtaine de mètres de large et d’une dizaine de hauteur menaient à une large porte, impossible face à un immeuble aussi imposant de ne pas remarquer que nous entrions dans un lieu de pouvoir. Arrivés sur place, nous nous sommes retrouvés face à un agent très courtois, parlant un anglais fluide qui nous informa d’un air nonchalant qu’il y avait une procédure à suivre. Caramba, encore loupé, nous avions oublié que rien n’est simple en Chine. L’hôtel où nous logions à Shuhe, ville distante d’une dizaine de kilomètres ne vous avait pas déclaré à la police locale. En effet, à chacun de nos déplacements, nos logeurs doivent normalement nous déclarer. C’est ainsi que ce même agent pu nous décrire, étape par étape, notre périple, mais n’étant pas déclarés dans l’arrondissement de Lijiang,  il fallait d’abord retourner à Shuhe pour déclarer notre présence à la police.  Retour donc à Shuhe où dans l’après-midi, nous nous sommes rendus au poste de police. Arrivés sur place, on nous a  promené d’un étage à l’autre. Nous avons ri avec les enfants en pensant aux « douze travaux d’Astérix » dans lequel les héros doivent remplir une quantité infinie de formulaires en passant d’un bureau à un autre. Finalement, nous étions assis face à une agente, mon passeport à la main, répondant à plusieurs demandes en même temps qui, au bout d’une demi-heure de pianotage sur son ordinateur, nous a informés que le lendemain matin le document de déclaration de présence à Shuhe serait prêt. Nous lui avons présenté les autres passeports de la famille. D’un geste, elle a balayé l’air pour dire qu’un seul était suffisant.
Le lendemain matin, un peu méfiants, nous nous sommes à nouveau rendus au poste de police, nouvelle promenade à travers le commissariat. Nous voici alors devant une autre agente que la veille dans un nouveau bureau. Le document attendu n’était bien entendu pas prêt. Elle a pris mon passeport, a tapoté une dizaine de minutes sur son ordinateur et a lancé une impression. Oui ! Le document était prêt. C’est alors qu’elle s’est retournée et dans un anglais très compréhensible nous a demandé si les autres membres de la famille n’avaient pas aussi besoin de ce document ! Nouvelle attente, c’est dans ces moments-là que j’ai pris conscience que nos enfants pouvaient vraiment être charmants, ils patientaient sans bruit dans le couloir, merci à eux.
Deuxième étape, retour à Lijiang pour aller faire des photos-passeports attestées électroniquement chez un photographe certifié. Après avoir traversé plusieurs salles très kitsch servant de décors pour les prises de vue de futurs mariés, nous sommes assis l’un après l’autre face à un objectif. Trente minutes plus tard, nous étions dans la rue chargés de huit photos-passeports,  d’un document approximatif attestant on ne sait quoi au sujet des photos et délestés de 200 yuans (env. CHF 30.-).
Troisième étape, retour au bureau de la sécurité publique au pas de course, nous sommes arrivés à 11h28, heure de fermeture officielle 11h30. Cette fois-ci, le même agent que la veille nous a accueilli, a pris nos passeports, nous a fait remplir un formulaire. Caramba, nous ne connaissions pas le nom de notre hôtel, , tout y était écrit en chinois et n’avions ainsi pas d’adresse en Chine ; trois échanges complices plus tard avec Valérie, nous avions écrit « youth hostel, Shuhe » et notre demande a été acceptée, en signalant que nous pourrions venir récupérer nos prolongations de visas trois jours plus tard mais, « please », durant les horaires officiels. Lors de nos pérégrinations dans Shuhe dans les jours suivants, nous avons dénombré pas moins de six auberges de jeunesse.
Le vendredi, notre portefeuille allégé de 800 yuans (CHF 160.-) nous avions l’autorisation de rester un mois supplémentaire en Chine.
Pour vivre ces moments dans la bonne humeur, nous nous sommes dit qu’entreprendre toutes ces démarches avaient aussi un intérêt touristique et nous sommes questionnés sur la procédure que devrait entreprendre un touriste chinois désireux de prolonger son séjour en Suisse.

Christophe