Du taxi pas écrevisses à Siem Reap

Assis au bord du Mékong, je reprends le clavier. Après avoir dit au revoir à Massimo hier, nous nous sommes installés sur une île du Mékong où la vie semble s’être arrêtée. Nous dormons dans des hamacs sous un toit de paille. Seul notre ami, Léon, la scolopendre qui habitait les WC communs hier soir a enlevé un peu de poésie au lieu.

Après avoir quitté Takeo, non pas en taxi-écrevisses, mais en taxi privé : nous nous embourgeoisons ! Oui, un peu, c’est vrai, mais nous désirions surtout nous arrêter dans une réserve pour animaux se trouvant sur le chemin de Phnom Penh.

A Phnom Penh, nous avons découvert une ville métamorphosée depuis notre passage en 2001 : les embouteillages sont apparus et la majorité des routes du centre étaient goudronnées. Quelques chantiers gigantesques semblaient vouloir faire entrer la capitale dans le XXIe siècle.
Le nombre de familles vivant sur des nattes le long des trottoirs a nettement diminué depuis 2001. Les mendiants et les enfants des rues aussi, signe que la pauvreté paraît être en recul au Cambodge. « Ces enfants-là ne doivent pas tellement avoir de lego », confronter à cette réalité, nos gosses semblent interrogés. Par contre, lors d’un tour en bateau, une île sans arbre et sans ombre étaient habitées par trois familles, les quelques tôles et bâches rapiécées constituant les huttes me faisait entrevoir la misère de ces gens. « Ça doit être cool de vivre ici, les enfants peuvent se baigner quand ils veulent », dixit Quentin. Peut-être n’a-t-il pas totalement tort ? La perception des enfants fait évoluer les nôtres.

A Phnom Penh, nous avons visité avec Massimo les « Killing fields » à une quinzaine de kilomètres du centre ville. Lieu où les khmers rouges, vers la fin de leur régime, pris par une paranoïa extrême – ils voyaient des agents secrets américains partout – ont exécuté jusqu’à trois cents personnes par nuit après leur avoir arraché des aveux sous la torture. Il me revient cette phrase de Romain Gary : « Ce qu’il y avait d’humain chez les nazis, c’était leur inhumanité ». Encore un peuple qui a connu la terreur ! Cette part sombre de l’humain est-elle universelle ? La réponse me fait peur.

Angkor
Il faisait encore nuit lorsqu’à 5h10 nous avons embarqué dans les tuktuk pour prendre la direction d’Angkor wat. On nous avait annoncés une foule immense observant le lever du soleil. Du monde, il y en avait, mais cela n’a rien enlevé à la magie du moment. Offrir cette vision aux enfants était un moment de grâce, surtout lorsque j’ai pu voir à leur mine réjouie que ce n’était pas un de ces caprices d’adultes qui n’a aucun sens pour eux, ils étaient vraiment admiratifs. Le ciel était légèrement nuageux, le soleil en émergeant donnait au ciel des teintes jaunes orangées. Devant nous se dessinait les trois (ou cinq selon l’angle) tours centrales d’Angkor, ombres découpées et parées de toutes ces couleurs. La fraîcheur du matin ajoutait encore un parfum particulier à ces instants.

Ces quelques jours passés à visiter les temples en tuktuk, puis à vélo ont été très enrichissants, c’est au travers des yeux de nos enfants que nous les avons redécouverts. Les couloirs de ces temples presque millénaire, se transformant en décor de théâtre pour jouer des pièces dans lesquels les espaces remplis de serpents succédaient aux passages secrets.

Encore quelques lignes pour remercier Massimo pour tous ces moments partagés, pour avoir permis de dynamiser notre rythme et pour avoir donnés à nos enfants l’occasion de passer de longs moments de jeux et d’écoute de leurs histoires.

Christophe

2 réflexions sur “Du taxi pas écrevisses à Siem Reap

  1. Merci à vous de m’avoir permis de découvrir l’Asie 🙂
    J’ai beaucoup apprécié les moments en compagnie de votre petite famille et cela m’a aussi permis de passer un peu de temps avec Quentin, se qui arrive trop rarement en Suisse. Je vais essayer de changer ça 😉 L’aventure continue pour vous et moi, je suis retourné à mes crayons et calculette 🙂 Bon voyage et gros bisous à tout le monde

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    • Salut Mass !
      Merci pour ton message. Le plaisir était amplement partagé et merci pour ta patience avec nous 5 ;-), tes jeux avec les enfants, les bières partagées avec nous et ton regard neuf qui a éclairé le notre.
      On se réjouit de te revoir par chez nous. Gros becs de nous 5.

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