Au revoir Laos

Dernier soir au Laos, demain nous prenons la route pour nous rendre en Thaïlande à Chiang Rai. Puis, nous nous dirigerons vers le sud pour entrer au Myanmar par la route par le poste frontière le plus proche ouvert aux étrangers. Il y a quelques jours, nous étions aux portes du Myanmar, mais la frontière entre le Laos et ce pays n’étant pas ouvert aux occidentaux, nous sommes contraints de faire ce détour de plusieurs centaines de kilomètres. La libre circulation, n’en déplaise à certains, est confortable ! A quand un visa « Schengen » pour l’Asie ?

Partir du Laos n’est pas anodin, ce pays a quelque chose qui m’attire et déjà une certaine nostalgie s’installe, alors que je m’y trouve encore. Je me sens bien dans ce pays, le fait de pouvoir se débrouiller en lao est l’un des éléments qui participe à ce bien-être. « Quand te reverai-je … ? »…

Nous avons ainsi pu assister à certaines négociations entre habitants, ce qui me permet d’ouvrir une parenthèse pour parler des moyens de transports en Asie. Tout voyageur sait que les chauffeurs de taxi sont souvent des personnes dont on apprend à se méfier, et sans compteur permettant de calculer le prix d’une course, l’arnaque n’est jamais loin. Il me semble que cette règle est un peu près universelle. Ils peuvent être souriants, ennuyeux, collaboratifs, sympathiques, criards, il n’en demeure pas moins que je reste toujours un peu méfiant à leur égard. En six mois de voyage, nous avons emprunté : les célèbres tuktuk thailandais, les songtheows (pick up aménagé avec des bancs sur le pont), les mini-bus chinois, les remorks cambodgiennes (remorques tirées par une moto), les motos-dup, les samlors, les jumbos, … Au Laos, le prix des courses avec ces moyens de transports est plus élevé qu’en Thaïlande. Au début, nous avions souvent l’impression de nous faire arnaquer alors que les locaux auraient un « traitement » juste et honnête. Mais voici qu’il y a quelques jours, nous partageons un jumbo (camionnette avec des bancs sur le pont) avec une dame laotienne qui revenait chargées de quatre lourds sacs du Vietnam. Les chauffeurs unis de la gare routière lui ont demandé 100’000 kips (env. 12$, coût attendu max. 5$) pour une course d’à peine cinq kilomètres à cause de son chargement. Nous avons payé 60’000 kips (env. 7.5$), prix nous paraissant excessifs, alors que nous avons parcouru 10 km avec tous nos sacs qui n’étaient guère moins lourds que les siens. Nous n’avons pas compris. Elle a négocié, sourit, renégocié, les chauffeurs unis ne lui ont pas laissé le choix. Conclusion : j’ai souvent l’impression d’être traité de façon particulière en tant qu’occidental, mais les habitants vivent la même chose que nous. Cela me rappelle aussi la conversation avec un lao qui m’a raconté avoir eu la mauvaise idée de ne pas négocier  tuktuk en thailande, résultat 400 bath (prix de location d’un songtheow pour une demi-journée pour 40km), pour 5 kilomètres, ou encore ce propriétaire de guesthouse cambodgien qui n’aimait pas se déplacer, les chauffeurs de sa ville connaissant sa profession avaient tendance à surgonfler le prix des courses. Peut-être l’accès de plus en plus courant à un véhicule privé n’est pas étranger à cette tendance qui paraît en hausse, leur service étant de moins en moins employés par la population. Je me remémore aussi une conversation lors d’un voyage en Afrique, un camerounais qui me parlait de l’insécurité qu’il ressentait dans son pays alors que j’avais l’impression que ce sentiment d’être observé et cette peur était due à ma couleur de peau. On ressent parfois du racisme là où il n’y en pas !

 

Ces derniers jours ont ressemblé à des week-ends pluvieux en Suisse. Entre les intestins de Jules et Samuel qui ont réclamé un vidage rapide et régulier et la pluie, nous nous sommes retrouvés cloisonnés dans un petit périmètre autour de notre guesthouse. Nous avions prévu de faire un trek de deux jours dans la forêt autour de Luang Nam Tha, les températures ne dépassaient pas les 8°C, « quand te reverrai-je… ? », Michel Blanc assis sur son télésiège claquait des dents avec nous.

Nous nous sommes rabattus sur une marche de 5-6 heures qui s’est transformée finalement en une balade de deux heures sous la pluie glaciale. Quelques verres de laolao au village d’un de nos guides ne m’ont pas réchauffé.

Aujourd’hui, nous avons repris la route et nous voici donc à Houayxai prêts à passer la frontière thaïlandaise demain.

Christophe

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s