Il est six heures quarante-cinq

Le réveil a sonné. J’ouvre les yeux : «Zut ! Nous avons laissé la porte de notre chambre grande ouverte ! Quelqu’un aurait pu rentrer !». Les petits bruits de pas dans l’escalier me ramène à la réalité : je suis dans mon lit, à Bex, en Suisse.

La réalité, quel mot ! Combien de personnes m’ont dit ces derniers jours : «Alors, comment ça va le retour à la réalité ?». Je ne veux pas vexer les gens, cette question je pourrai aussi la poser à des personnes revenant s’installer en Suisse et je sais qu’elle part d’un bon sentiment, on veut juste savoir si le retour n’est pas difficile ou douloureux. Pourquoi ne demanderait-on pas à quelqu’un qui a travaillé à l’étranger durant plusieurs années comment se passe le retour à la réalité ?

Cela m’interroge, voyager comme nous l’avons fait, ce n’est pas la réalité ? Et lorsque je dis que je reprendrai mon poste en août et que je ferai des remplacements entre temps, est-ce que c’est la réalité ? Ou la réalité se définit-elle que lorsqu’on a un emploi régulier qui demande des sacrifices ?

Pour ceux qui s’inquiètent pour moi, non le retour à ma réalité n’est pas très difficile. Entre philosopher sur ce blog, m’inscrire pour des remplacements, ranger, réparer deux trois choses dans la maison, préparer les repas, faire du ménage, skier… Je vais bien. J’entends certains… «C’est la belle vie ! Le retour à la réalité va être difficile !».

Je me rends compte que j’ai parfois peur de passer pour un fainéant ! Je me demande si ce n’est pas la pire insulte que je puisse me faire dans un pays où le travail et la souffrance représentent les valeurs les plus élevées pour la réalisation de soi. Etre débordé et ne pas avoir de temps rendrait-il important ?

Je me suis surpris l’autre jour à dire à une caissière qui tentait de trouver les pièces qu’elles avaient laisser tomber par terre que j’avais le temps, qu’elles pouvaient les chercher tranquillement, quelle bizarrerie de dire cela ici où même en faisant ses courses, il faut être performant. Quelle différence avec les marchés asiatiques où j’échangeais quelques mots avec chaque vendeur !

Que pourrait écrire un laotien  qui ferait ses courses dans un supermarché suisse ?  C’est tout une stratégie, la caisse se divise en trois zones : le tapis roulant, le scanner à article, la zone de transfert. Première partie, il faut placer les articles sur le tapis roulant en les arrangeant pour prendre un minimum de place mais sans trop les empiler, le bip des articles scannés par la caissière donne la cadence. A peine vous avez terminé cette partie, qu’il faut vous empresser de passer à la deuxième phase, remplir vos sacs de courses. Le défi consiste à avoir un minimum de produits dans la zone de transfert au moment où le dernier article a passé entre les mains de la caissière. Attention, à la seconde où celle-ci vous indique la somme à payer, la priorité absolue consiste à régler vos achats. Si vous n’effectuez pas cela dans les règles de l’art, il y a une forte probabilité pour que les clients suivants, qui attendent, vous regardent d’un oeil vous invitant à accélérer la cadence !

Bon, assez écrit pour aujourd’hui, je m’en vais appeler les secrétariats des écoles de la région afin de faire un vrai travail et revenir à la réalité !

Christophe

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Brrrrr !

Voilà cette aventure-là est terminée et comme dirait Quentin, on a l’impression d’avoir un peu rêvé. On plonge dans notre nouvelle vie d’un coup et le voyage s’inscrit dans le passé mais ce qui est riche c’est de pouvoir partager ensemble nos souvenirs.
Nous retrouvons ce que nous avions laissé dans notre maison, toutes ces possessions qui sont devenues « trop ». Arriverons-nous à garder en mémoire que l’essentiel n’est pas dans ce qu’on possède ? Pour nous adultes, c’est plus évident que pour nos enfants 🙂 pour qui retrouver leurs jouets fut une grande source de joie ! Toutefois, un grand voyage à la déchetterie et au magasin de 2ème main va se faire.
Malgré le froid qui nous a un peu glacé et figé les premiers jours ainsi que la peur d’aller se confronter au « dehors » qui, lui, est resté quasi inchangé depuis notre départ, nous arrivons petit à petit à réintégrer la société 😉
La rentrée s’est faite ce matin, les horaires stricts ont repris leur place avec assez de facilité, car je crois que toute notre tribu est remplie d’une énergie nouvelle qui dynamise chacun d’entre nous.
Des projets plein la tête, nous espérons en concrétiser quelques-uns en gardant en nous une étincelle de ce voyage qui nous a tant apporté.
Merci d’avoir partagé avec nous cette aventure.
Des bécots,

Val

Les petits mots de Samuel

En Birmanie, J ai bien aimé les temples de Bagan (beaucoup en ruine). Ça ressemblait à Angkor mais c était plus des sortes de pagodes. J’adore manger indien, ce qu’on faisait souvent en Birmanie.
Maintenant nous sommes à Bangkok dans le Tavee guesthouse.
Hier soir, maman nous a offert un massage de pieds de 1/2 heure, ça faisait du bien ! Hier j’ai pu m’acheter un petit tuk-tuk et dès qu’on le recule et qu’on le lâche, il avance et j’ai aussi acheté une plume de toucan je crois.
Ce soir nous allons prendre l avion et je trouve que c est trop cool de rentrer en suisse.

Je me réjouis de tous vous revoir.😃😊✈

Salut,

Samuel 

Voilà on y est

29.02

21h30

C’est notre dernier soir en Asie. L’attente est là, demain à la même heure on sera dans l’avion. Juste une pensée, un grand merci à la vie d’avoir eu la chance de vivre cette aventure. Je me sens plein de vitalité et heureux.

Alors, comme pour une sucrerie, je prépare un joli emballage pour préserver ce que j’ai appris ici : un toit et à manger et la vie peut être belle, tout le reste n’est qu’une question de rapport au quotidien. Vive les fleurs bleues !

Christophe