Photos du trek Kalaw – Lac Inle

Petites anecdotes sur le trek :

Jules qui ne voulait pas partir mais après avoir su qu’un cheval nous accompagnerait il nous disait : « C’est quand qu’on part faire ce truc »
Quentin qui dit à propos du horsekeeper quand il apprend qu’il a 4 chevaux qu’il ne doit pas avoir de femme car il aime mieux la compagnie des chevaux que des gens 😁.
Ce gars (qui avait le cheval) était assez surprenant, il marchait devant, bien droit dans ses tongs ✌, grand et fin, la peau très foncée, marchant à une allure qui parait tranquille mais nous on courait derrière 😅.
Samuel seul sur le cheval sous 35 degrés qui me disait se croire au milieu du désert sur un chameau…
Effectivement, il faisait chaud, très chaud en journée. Comme on le voit sur les photos, les paysages sont arides pendant la saison sèche !
Val

Devant l'école du village, le cheval attire particulièrement l'attention.

Devant l’école du village, le cheval attire particulièrement l’attention.

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le départ

IMG_3980 IMG_4393 les toilettes..

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Aller, je le publie !

Le retour à la « vraie vie » se rapproche. Je me réjouis de vous retrouver, de retrouver un certain confort. Mais une part de moi a envie de poursuivre cette vie nomade, alors j’ai pondu ce texte un peu mélancolique, pas très « fun », pas très objectif, juste un petit coup de spleen…

Christophe

 

Helvétie
Il fait triste.
Le froid a rangé les habitants.
Le ciel est gris, il reflète les couleurs de la ville.

Il fait sûr.
Ici, on se protège de ce qui pourrait arriver.
Nous avons sacrifié la liberté sur l’autel de la sécurité.
La rue n’a pas d’odeur, les patentes protègent les tripes de tout risque sanitaire.
Les codes envahissent l’espace. Sur la route, on n’observe plus l’autre pour deviner sa prochaine manoeuvre ; inutile, le code et nos assurances nous protègent.
Même le goudron a peur de la variété, une bosse et on le torture pour qu’il devienne lisse.

Il fait lisse, les façades cachent leurs fissures, comme les hommes couvrent leurs rides, vieillir n’est pas à la mode.

Il fait silence, le bruit a quitté nos plaines. Les cloches et les coqs se sont tus, ils dérangeaient le sommeil du citadin.

Il fait riche, tout est propre et soigné. Les coffres sont pleins, fermons les à double tour,  c’est le socle de notre sécurité. Fermons nos frontières, les autres arrivent, fermons nos maisons, les voleurs guettent et enterrons les clés sous une pile de lois.

Il fait gris, la vie a quitté nos rues et là-haut, Yehova, Bouddha et Allah rigolent en regardant courir les hommes après leur sécurité et leur confort, mais tous ils courent vers la fin de la route. Et parfois, ils en oublient de vivre, peut-être feraient ils mieux de marcher ?

A coco sur mon bidet…

Parcourir une cinquantaine de kilomètres avec nos enfants durant trois jours nous paraissaient très audacieux, surtout avec Jules qui n’était pas, mais alors pas du tout motivé. Nous avions déjà pris des renseignements auprès de la pléthore d’agences se trouvant à Kalow, ville très touristique où le trek jusqu’au lac Inle était devenu une véritable industrie.
Mais que cherchions-nous ? Bien entendu, avoir du plaisir, difficile lorsque nous nous imaginions marcher en devant régulièrement porter Jules et encourager souvent les deux plus grands. Alors l’idée de louer un cheval pour nous accompagner germa.

C’est donc entouré d’un guide, d’un « horsekeeper » et d’un cuisinier, qui ferait le voyage à moto pour nous attendre à chaque étape, que nous avons pris la route.
Quel plaisir ! Opter pour le « trek de luxe » a été une expérience inoubliable.

L’alternance des forêts de bambous et de pins, des paysages ressemblant au sud de la France ou évoquant la savane africaine et des champs de terre rouge ont nourris nos yeux.

Le propriétaire du cheval mérite à lui seul quelques lignes : nous l’avons surnommé : le guerrier masaï. Silencieux lorsqu’il ne chantait pas à tue-tête des mélopées birmanes, il avançait par grandes enjambées imposant un rythme harmonieux à ses tongues et à son longuy, il avait une posture droite et fière. Il ne parlait pas un mot d’anglais et en trois jours, il a dû échanger une cinquantaine de phrases avec ses compatriotes, toujours un sourire en coin dévoilant ses dents rougies  par le bétel, il avait un air énigmatique et fascinant. Il a doublé son quota de mots lorsqu’il a appris à Quentin à compter jusqu’à dix en birman !

Le cuisinier quant à lui, nous a mijoté des plats vraiment délicieux-curries de poissons, de poulet, « guacamol », nouilles, purée de courges, légumes aux cacahouètes ou au citron, quel régal ! Il a même préparé des frites lors d’un apéro, nos enfants occupés à jouer avec ceux du village n’en ont que peu profité. Nous avons mangé toujours à-part, renseignement pris, j’ai eu confirmation que l’étiquette birmane voulait que les invités ne mangent pas avec leurs hôtes.

Notre guide âgé de vingt-et-un an, parlait un anglais correct, pas toujours compréhensif. Il avait une politesse « britanico-birmane », m’appelant « sir » et Valérie « mother ». Elle m’a gentiment fait remarquer que sa courtoisie n’était pas forcément due au fait que j’étais son client mais qu’ici, j’aurai pu être son père ! Ah, le respect de l’âge, en Asie, c’est quelque chose ! Mais ça ne m’a pas rajeuni !

Nos nuits et nos pauses se déroulaient chez l’habitant, chaque intérieur ressemblant aux autres. Une grande pièce à l’étage dans laquelle le mobilier était réduit au strict minimum : une étagère où trônait une statue de bouddha entourée d’offrandes, une table, des nattes pour dormir. Les murs étaient tapissés de photos de temples et de moines ainsi que de portraits de membres de la famille pris lors d’événements marquant : mariage ou fin d’études. Cette pièce était coupée par une cloison pour former une ou deux autres chambres à coucher. La cuisine se limitait à un ou deux pots de terre cuite ouverts sur les côtés, posés à même le sol dans lequel on faisait du feu pour y déposer casserole ou wok. La cabane au fond du jardin faisait office de sanitaire. L’absence d’eau courante était compensée par des bidons remplis à la citerne. Cette simplicité ou ce vide ne nous ont pas sautés aux yeux, on s’habitue au dénuement, ces gens sont pauvres, mais à mesure de côtoyer la pauvreté, je ne la remarque même plus ! M’imaginer dans quelques semaines dans mon salon entouré de toutes mes « richesses » m’effraie un peu !
S’il y a une chose que la plupart des birmans (ou des autres habitants de l’Asie du Sud-Est) possèdent, c’est un téléphone portable. La batterie électrique, chargée par de petits panneaux solaires, se trouvant dans la pièce principale, était systématiquement entourée par quelques-uns de ces appareils en train de charger. Observer un conducteur de char à bœufs pianoter nonchalamment sur son portable tout en donnant des coups de baguettes à son attelage pour le diriger, est assez étonnant !

Après avoir traversé le lac Inle en bateau où les pêcheurs se mettaient à ramer avec leurs jambes à l’approche des bateaux de touristes – est-ce une trace de la dictature ? Des panneaux dans la rue écrits en birmans, demandent aux habitants de sourire aux touristes, que demande-t-on donc aux pêcheurs ? – nous sommes arrivés à Nyaungshwe. Nous avions réservé une chambre dans un hôtel où nous attendaient le reste de nos bagages, quel ne fut pas notre surprise lorsque l’hôtelier refusa de nous louer une chambre triple pour cinq personnes : « triple room is for three people ». Pas du tout souriants, nous avons trouvé un autre hôtel avec une baignoire où l’eau est devenue brune lorsque les enfants y ont été plongés.

Christophe

P.S. La connexion n’étant pas très bonne, les photos suivront un autre jour.

Rangoon – NayPiTaw – Lac Inle

Nous avons passé deux jours à Rangoon qui furent rythmés par la découverte de la ville : le port, les anciennes rues anglaises, le train qui date de la même époque et quand on le prend il ne faut pas être pressé.., la maison d’Aung San Suu Kyi devant laquelle on l’imagine prononcer ses discours d’opposition au régime derrière les barbelés entourant les murs de cette maison qui fut sa prison pendant de longues années, la visite de la pagode Schwedagon au coucher du soleil…et un peu d’école quand même.

Ensuite, nous sommes sortis du trajet habituellement choisi par les touristes en nous rendant à la nouvelle capitale Nay Pi Taw. Pour nous c était une étape incontournable, une vision de ce que peut créer la folie d’un dictateur. En cette période de transition politique, on se demande ce que va devenir cette ville sortie de nulle part, sans âme, dont l’unique but était de montrer le pouvoir de la junte qui, maintenant, semble laisser place à une démocratie. On est tout excités dans le bus qui nous y amène, que va-t-on découvrir ? Un échantillon de ce à quoi doit ressembler Pyongyang en Corée du Nord ? C’est l ‘impression que ca donne : des avenues immenses de plusieurs pistes sans voiture, un quartier de 5km de long dédié uniquement aux hôtels car les touristes n’avaient pas le droit de loger ailleurs auparavant, un quartier de plusieurs milliers de kilomètres carrés pour les ministères, le parlement gigantesque que nous avons pu voir de l’extérieur depuis les 20 pistes de la route vide qui le longe… Autour de tout cela, des champs et des maisons de paysans… on se serait cru dans un film ! Bien entendu, notre hôtel organise le taxi et le bus pour quitter la ville car le touriste n’a accès à rien depuis son logement, tout l’argent est canalisé pour retomber dans les mains déjà pleines. C’est pourquoi nous ne nous y attarderons pas et reprenons le bus le lendemain matin pour la région du lac Inle. Deux fois 7 heures de bus en deux jours, c’est beaucoup pour notre petite famille ! On va profiter de se reposer un peu à Kalaw avant de partir pour 3 jours de trek pour rejoindre le lac, trek qui à l’air d’être devenu passablement touristique ! On espère ne pas être trop déçu.

Les mots des enfants :
Samuel : En arrivant à destination après 7heures de bus « oh non, déjà ! On voulait encore jouer un moment » (ils se prenaient pour des animaux avec Jules et s’étaient fait une cabane entre les sièges :-)).
Jules :  Tous les matins : « Encore combien de jours avant de prendre l’avion » .
Quentin : « Maman, est-ce que je peux acheter un nouveau livre sur le kindle ? » « Encore ! »  » Ben oui, je viens de relire pour la deuxième fois les Percy Jackson (5 tommes), j’aimerais bien autre chose ! »

Des bécots,

Val

La pagode Schwedagon recouverte de 27 tonnes de feuilles d'or et mesurant 100m.

La pagode Schwedagon recouverte de 27 tonnes de feuilles d’or et mesurant 100m.

Les rues de Rangoon

Les rues de Rangoon

La maison d'Aung San Suu Kyi

La maison d’Aung San Suu Kyi

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IMG_3926 IMG_3922 La folie des grandeurs à Nay Pi Taw

De Hpa-An à Yangoon

Plein les yeux, plein les oreilles ! Tous les jours, ça grouille, ça klaxonne de tous les côtés…on ne sait plus où donner de la tête. On a même pas l’impression d’avoir voyagé plusieurs mois aux alentours tellement cette Birmanie nous surprend. Ce n’est plus le calme et la nonchalance laotienne ou khmères, ni l’indifférence chinoise et encore moins la modernité thaïe ! Un peu d’Inde peut-être (mais on ne connait pas) mais sans personne qui nous accoste à outrance, juste pour parler un peu, savoir d’où on vient, jouer avec les enfants ou faire une photo avec eux !
Ici on retrouve également les anciennes maisons coloniales, mais à l’anglaise cette fois contrairement à l’ancienne Indochine, ça donne des contrastes saisissants avec la modernité de certains immeubles bancaires pour la plupart. A Rangoon (Yangoon) on mange principalement dans la rue.. on trouve des échoppes à n’en plus finir sur les trottoirs, à tous les coins de rues (genre marché de nuit en Thailande, mais partout !) et on peut manger principalement des nouilles aux saveurs épicées, des currys, des samosas, des beignets aux cacahuètes et aux amandes…et on a pas encore tout essayé ! Samuel et Quentin nous surprennent par leur curiosité culinaire. Quant à Jules, il trouve que c’est un peu trop sale dans la rue et préfère les « vrais restaurants » !
Il y a quelques jours, nous sommes allés voir le fameux « rocher d’or » qui tient à un fil :-). C’était impressionnant de voir les milliers de pèlerins et autres touristes birmans faire cette visite. Depuis la plaine, des camionnettes avec banquettes sur le pont s’organisent pour transporter les visiteurs en-haut de la montagne à 1100m. Ce parcours de 40 minutes est plus digne d’Europa-Park que d’une route à proprement parler. Des virages, des montées, des descentes, la tête à l’air, agrippé à la rambarde avec nos enfants criants des youhous tandis que les birmans priaient dans leur barbe, ce fut épique ! Arrivés au sommet, nous avons marché à travers stands et moines faisant la quête pour découvrir finalement ce rocher qui se découpe dans le ciel bleu, le spectacle était sympa.
Comme je l’écrivais dans mon précédent article, au Myanmar, il faut doubler le budget pour les hôtels mais par contre le budget repas est moindre, surtout quand on peut manger dans la rue, comme ici à Rangoon. Un plat de nouille coûte environ 40ct, une dizaine de samosas 1.-, et un plat de curry 1,50 ! Mais on peut aussi payer le café 5.-, comme aujourd’hui quand on a voulu se la péter et aller le boire dans l’hôtel le plus renommé de la capitale ;-).
Des bécots,
Val.

Les maisons d'habitation grillagées !

Les maisons d’habitation grillagées !

Les nonnes sont plus présentes que dans le reste de l'Asie du sud-est.

Les nonnes sont plus présentes que dans le reste de l’Asie du sud-est.

C'est les chèvres qui font office d'incinérateurs !

C’est les chèvres qui font office d’incinérateurs !

Les fameux camions de

Les fameux camions de « space mountain » :-D.

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Le fameux rocher

Le fameux rocher

Les maisons de l'époque coloniales.

Les maisons de l’époque coloniales.

J'aime les échafaudages birmans !

J’aime les échafaudages birmans !

Un stand de rue...

Un stand de rue…

Un jus de canne à sucre ?

Un jus de canne à sucre ?

Mengalaba

Mengalaba !
C est le bonjour birman qu on entend partout avec un beau sourire en prime :-). Passer de Thaïlande au Myanmar a été plus surprenant que ce que j avais imaginé. Comme souvent dans les villes frontières,  il émanait des relents de petites arnaques et trafic en tous genres mais une fois arrivés à Hpa-An nous découvrons un autre monde. Au premier abord, on distingue un mélange d Asie du Sud-Est et d Inde, autant dans la vie dans les rues que sur les visages, les tenues, la nourriture…c est époustouflant ! On est heureux de se faire embarquer dans ce tourbillon. Les couleurs sont partout : jupes, visages, temples..on est éblouis. Hommes, femmes et enfants se mettent de la poudre jaune (thanakha) sur la peau qui doit faire office de crème solaire ou quelque chose qui embellit !? A cela s ajoute une gentillesse et une bienveillance de la part des gens qui nous font nous sentir tout bien.
Nos 3 loulous sont à nouveau au centre de l attention, en plus depuis qu ils ont voulu tous les trois s acheter le longyi (jupe) porté par les hommes ici, ce sont les coqueluches ! En trois jours, ils se sont fait offrir des mandarines, des glaces, des jus de fruits, une peluche…
On se croirait un peu au Laos ou au Cambodge de l époque. Est ce que le tourisme casse tout cela ou est ce que cet état d esprit perdurera ?
Ici a Hpa-An, les hôtels n ont pas suivi l essor du tourisme et ils sont souvent pleins et les prix plus élevés que ce que nous avons pour habitude de payer : ça nous a permis d expliquer la loi de l offre et la demande aux enfants ! Nous avons passé notre première nuit dans la cave de l hôtel, dans une chambre sans fenêtre pour 25$ (une chambre pareil dans les pays précédents n auraient jamais dépassé les 7-8$), mais depuis, en insistant, nous sommes montés à l étage (et avons peut être piqué une chambre réservée mais tant pis, à chacun son tour d aller dans la cave :-D) et la chambre est beaucoup plus agréable, c est surtout pour la terrasse sur le toit qu on vient dans ce guesthouse (golden sky GH). Nous sommes allés visiter les environs en petites motos (on aurait pas pensé que c était autorisé au Myanmar mais on voit que la loi pour les étrangers a été bien allégée ces dernières années) et nous avons découvert des coins magnifiques sous un soleil écrasant, le froid est bel et bien finit ici !
Des becs
Val

Les petits mots :
Jules : « C’est moi qu’est le plus petit et c’est moi qu’est le plus joli, c’est pour ça qu’on reçoit des choses ! »
Quentin : « C’est trop bien ces jupes, est-ce que je pourrais aller à l’école comme ça ? »
Samuel : « On va se faire plein de copains ici on dirait ! »

Traversée du pont menant au Myanmar

Traversée du pont menant au Myanmar

A Hpa-An

A Hpa-An dans l’état Karen

Un repas birman.

Un repas birman.

Le longyi, jupe portée par les hommes.

Le longyi, jupe portée par les hommes.

Trop chargé ?

Trop chargé ?

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Merveille de la nature !

Merveille de la nature !

Les poules sont vivantes maman !

« Les poules sont vivantes maman ! »

L'essence en vente sur le bord des routes.

L’essence en vente sur le bord des routes.

Arrivée au Myanmar

11 heures, 2 février, assis sur des chaises en plastique, nous remplissions des cartes d’entrées dans un bureau qui ressemblait tout sauf à une douane. Nous venions de traverser le pont qui sépare la Thaïlande du Myanmar à pied. Du côté thaïlandais, une petite foule de birmans attendaient, accroupis, qu’un douanier les invite à faire la file de quelques trente mètres qui leur permettraient de traverser la frontière pour travailler ou trouver un emploi chez le riche voisin.
Au milieu du pont des panneaux de circulation invitaient les véhicules à passer de la voie de gauche à celle de droite. En effet, il y a quelques années, le général au pouvoir avait décidé que les voitures circuleraient dorénavant de l’autre côté des chaussées. Du jour au lendemain, les habitants se sont vus imposer cette mesure. Du coup, ici, beaucoup de véhicules importés de Thaïlande ou d’Inde ont le volant à droite… pour rouler à droite. Les chauffeurs ont ainsi besoin d’un assistant pour avoir des yeux lors des dépassements. La dictature n’a pas eu de limite dans ce pays !

Après avoir été encore pris en photo à un guichet adjacent au «bureau des douanes », nous sommes invités à nous rendre dans la pièce d’à côté pour acheter des billets de bus, voici nos douaniers transformés en agents de voyage. La première impression donne vraiment souvent une idée du fonctionnement d’une administration. Désireux de donner un minimum d’argent à l’état, nous avons gentiment décliné l’offre pour aller explorer les alentours.

A peine dans la rue, un homme s’est proposé de nous aider, un peu méfiant nous l’avons suivi pour changer de l’argent dans la rue. Nous avions pris la précaution de regarder le taux de change sur internet le jour d’avant. Nous avons compté et recompté les septante-deux billets de mille kyats qu’on nous avait donnés. Résultat, le changeur nous en avait donné dix de trop !

Avant de cuire plusieurs longues minutes dans notre mini-bus en attendant de prendre la route pour Hpa-An, les enfants ont subi quelques séances photos et quelques séances de dérangeants pincements de joues et de fesses me forçant à intervenir. Les téléphones portables ont apporté la photographie aux populations des pays que nous avons visités. Du coup, le malaise que je ressentais parfois pour prendre des photos lors de mes périples en Asie il y a une dizaine d’années s’est évanoui. Chacun étant sujet des prises de vue de l’autre, nous voici sur un pied d’égalité qui nous rapproche.
Quatre heures plus tard, nous découvrons Hpa-An qui nous fait tout d’abord penser aux rues cambodgiennes. Mais les odeurs de charbons, les longys (robe) portées par les hommes, les camions et bus dont on se demande comment ils roulent encore – la rouille étant plus présente que la peinture sur certains d’entre eux –  les cyclo-pousses, les routes en terre, les déchets présents partout, les dents rougies par le béthel et les joues jaunies par le thanaka, nous offrent un nouveau visage de l’Asie. Nos sens sont en éveil, nous ne maîtrisons pas grand-chose de cette nouvelle culture, il faut nous adapter et cela prendra quelques jours !

Nous ignorons aussi ce que la transition politique donnera dans ce pays. Le 2 février, le parti d’Aung San Suu Kyi a pris la majorité du Parlement. Cela m’interroge aussi, vais-je assister à des changements perceptibles durant mon séjour ? Je suis un peu impressionné de visiter ce pays durant cette période de réformes qui s’ouvre.

Christophe

Du Laos en Birmanie, via Mae Sot en Thailande

Nous avons quitté notre pays fétiche d’Asie, le Laos, après avoir profité de la douceur et du calme qui y règne pendant un mois et demi. Samuel et Jules avaient pu s’habituer au Sabaidee (bonjour) et au KhopChai (merci) et les distribuer autour d’eux tandis que Quentin avait même acquis le marchandage en lao !

Je vous avais dit que nous avions pu visiter une petite école d’un village des montagnes et j’aimerai en dire plus sur ce sujet, car c’était une expérience très instructive pour nos enfants. C’était une petite école, 4 classes primaires, environ 20 enfants par classe. Quand l’enseignant a appris que Christophe faisait le même métier que lui, il nous a fait entrer dans l’une des classes pour nous montrer le matériel qu’ils avaient à disposition : quelques livres donnés par une ONG allemande, le cahier d’exercice de la maîtresse, le tableau noir et quelques affiches créées par les élèves pour illustrer l’alphabet. Les élèves n’ont pas ou peu de matériel, le cours est appris principalement par oral. Jules nous a dit qu’il préférait sa classe en Suisse, car elle était plus propre et plus jolie. Samuel a trouvé que ce n’était pas très riche dans la classe. Quentin a trouvé que les classes étaient plus pauvres et sombres mais qu’avec les décorations elles étaient jolies quand même.

Nous voici maintenant à Mae Sot, après le trajet en bus le plus long de notre voyage : 9h. Depuis Chiang Rai, ça parait illogique de traverser la moitié de la Thailande pour rejoindre le Myanmar, mais les frontières entre les deux pays ne sont pas ouvertes partout aux étrangers… En prenant un bus qui relie la frontière Nord du pays à la frontière Ouest, nous avons été contrôlé 6 fois par la police, ce qui ne nous était jamais arrivés auparavant en Thailande ! Nous avions prévenu nos chérubins que nous passerions toute la journée dans le bus. 9h de trajet avec 3 enfants, c’était audacieux mais ils nous ont bluffés grâce à leur monde imaginaire gigantesque qu’ils ont su maintenir tout au long du trajet pour faire passer le temps ! En arrivant, Jules chantait « on est en Birmanie » avec une grande joie car pour lui, plus on arrive vite dans ce pays, plus ça rapproche de la maison :-), alors on a dû lui expliquer que nous passerions la frontière d’ici 2 jours mais que ça ne changeait pas la date de notre retour, il en parut soulagé ;-).

Mae Sot est une grosse bourgade qui s’est développée ces dernières années et maintenant la Asia Highway la traverse pour rejoindre Rangoon ce qui facilitera notre passage. La population ici est majoritairement birmane et les premières différences se remarque déjà. C’est ce que j’apprécie beaucoup dans le voyage par la route, la culture évolue à l’approche des frontières, les gens se mélangent, la langue s’imprègne petit à petit de mots du pays voisins et l’arrivée dans un nouveau pays se fait alors en douceur, sans « choc » culturel.

Nous avons trouvé un guesthouse vraiment agréable, le « Ban Thai », dont le patron est birman et qui nous a déjà enseigné quelques mots. Dans le jardin, une troupe d’artistes indépendants d’Amérique du Nord, s’entraîne tous les matins pour ensuite aller montrer leur « show » aux « écoles » destinées aux réfugiés birmans. Quel joie pour Jules, Samuel et Quentin de pouvoir assister à ces entraînements ! C’est dans ce guesthouse que nous faisons connaissance d’une retraitée française qui passe environ 6 mois à Mae Sot pour venir en aide aux réfugiés birmans car ceux-ci ne sont pas pris en charge par l’état thailandais. Ils n’ont droit à l’éducation que grâce aux ONG qui s’en occupe, par contre c’est les birmans qui occupent toutes les places de travail dont les thais ne veulent pas et qui sont exploités dans la vingtaine d’usines alentours ! A quand des progrès pour la prise en charge des réfugiés par la Thailande ?

C’est avec beaucoup d’enthousiasme et un petit peu d’appréhension que nous nous apprêtons de passer la frontière et cette fois de découvrir un nouveau pays, même pour Christophe et moi !

Val

PS. Le temple blanc en photo est l’oeuvre d’un artiste thai à Chiang Rai. Un temple un peu fou entre le ghotique et le religieux… très surprenant et étrange !

 

Au revoir Laos

Dernier soir au Laos, demain nous prenons la route pour nous rendre en Thaïlande à Chiang Rai. Puis, nous nous dirigerons vers le sud pour entrer au Myanmar par la route par le poste frontière le plus proche ouvert aux étrangers. Il y a quelques jours, nous étions aux portes du Myanmar, mais la frontière entre le Laos et ce pays n’étant pas ouvert aux occidentaux, nous sommes contraints de faire ce détour de plusieurs centaines de kilomètres. La libre circulation, n’en déplaise à certains, est confortable ! A quand un visa « Schengen » pour l’Asie ?

Partir du Laos n’est pas anodin, ce pays a quelque chose qui m’attire et déjà une certaine nostalgie s’installe, alors que je m’y trouve encore. Je me sens bien dans ce pays, le fait de pouvoir se débrouiller en lao est l’un des éléments qui participe à ce bien-être. « Quand te reverai-je … ? »…

Nous avons ainsi pu assister à certaines négociations entre habitants, ce qui me permet d’ouvrir une parenthèse pour parler des moyens de transports en Asie. Tout voyageur sait que les chauffeurs de taxi sont souvent des personnes dont on apprend à se méfier, et sans compteur permettant de calculer le prix d’une course, l’arnaque n’est jamais loin. Il me semble que cette règle est un peu près universelle. Ils peuvent être souriants, ennuyeux, collaboratifs, sympathiques, criards, il n’en demeure pas moins que je reste toujours un peu méfiant à leur égard. En six mois de voyage, nous avons emprunté : les célèbres tuktuk thailandais, les songtheows (pick up aménagé avec des bancs sur le pont), les mini-bus chinois, les remorks cambodgiennes (remorques tirées par une moto), les motos-dup, les samlors, les jumbos, … Au Laos, le prix des courses avec ces moyens de transports est plus élevé qu’en Thaïlande. Au début, nous avions souvent l’impression de nous faire arnaquer alors que les locaux auraient un « traitement » juste et honnête. Mais voici qu’il y a quelques jours, nous partageons un jumbo (camionnette avec des bancs sur le pont) avec une dame laotienne qui revenait chargées de quatre lourds sacs du Vietnam. Les chauffeurs unis de la gare routière lui ont demandé 100’000 kips (env. 12$, coût attendu max. 5$) pour une course d’à peine cinq kilomètres à cause de son chargement. Nous avons payé 60’000 kips (env. 7.5$), prix nous paraissant excessifs, alors que nous avons parcouru 10 km avec tous nos sacs qui n’étaient guère moins lourds que les siens. Nous n’avons pas compris. Elle a négocié, sourit, renégocié, les chauffeurs unis ne lui ont pas laissé le choix. Conclusion : j’ai souvent l’impression d’être traité de façon particulière en tant qu’occidental, mais les habitants vivent la même chose que nous. Cela me rappelle aussi la conversation avec un lao qui m’a raconté avoir eu la mauvaise idée de ne pas négocier  tuktuk en thailande, résultat 400 bath (prix de location d’un songtheow pour une demi-journée pour 40km), pour 5 kilomètres, ou encore ce propriétaire de guesthouse cambodgien qui n’aimait pas se déplacer, les chauffeurs de sa ville connaissant sa profession avaient tendance à surgonfler le prix des courses. Peut-être l’accès de plus en plus courant à un véhicule privé n’est pas étranger à cette tendance qui paraît en hausse, leur service étant de moins en moins employés par la population. Je me remémore aussi une conversation lors d’un voyage en Afrique, un camerounais qui me parlait de l’insécurité qu’il ressentait dans son pays alors que j’avais l’impression que ce sentiment d’être observé et cette peur était due à ma couleur de peau. On ressent parfois du racisme là où il n’y en pas !

 

Ces derniers jours ont ressemblé à des week-ends pluvieux en Suisse. Entre les intestins de Jules et Samuel qui ont réclamé un vidage rapide et régulier et la pluie, nous nous sommes retrouvés cloisonnés dans un petit périmètre autour de notre guesthouse. Nous avions prévu de faire un trek de deux jours dans la forêt autour de Luang Nam Tha, les températures ne dépassaient pas les 8°C, « quand te reverrai-je… ? », Michel Blanc assis sur son télésiège claquait des dents avec nous.

Nous nous sommes rabattus sur une marche de 5-6 heures qui s’est transformée finalement en une balade de deux heures sous la pluie glaciale. Quelques verres de laolao au village d’un de nos guides ne m’ont pas réchauffé.

Aujourd’hui, nous avons repris la route et nous voici donc à Houayxai prêts à passer la frontière thaïlandaise demain.

Christophe

Au nord

Cinq mois que nous sommes en route, le mois d’août me paraît bien lointain. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas récrit sur ce blog. La raison en est assez simple, il me semble que je n’ai plus grand-chose à raconter, comme si voyager était devenu un peu ordinaire. Blasé, non ! J’ai toujours autant de plaisir à découvrir de nouveaux lieux mais cette vie de nomade est devenue ma normalité. Du coup, il faut prendre du recul pour se rendre compte que notre ordinaire reste extraordinaire.
Les peurs ressenties les premiers temps du voyage ont quasiment disparu, peur d’arriver dans un nouveau lieu, de courir après un logement, de trouver du déjeuner… Les enfants se sont adaptés de façon parfois invraisemblable, arriver dans un lieu perdu où nous sommes « condamnés » à manger des soupes de nouilles le matin, ne pose pas problème (il ne faut quand même pas que cela dure trop).

 

Nous sommes maintenant à Oudomxaï dans le nord du Laos. Nous avons effectué le trajet en bus couchettes et avons eu le privilège d’être assis tout devant et d’observer le paysage comme si nous conduisions. Une famille lao-américaine étaient à nos côtés, pendant que Quentin admirait la route, que Jules dormait, Samuel parcourait le bus de long en large en compagnie des deux filles de cette famille, tantôt sur les genoux de la femme du conducteur, tantôt cachés dans des recoins inaccessibles du bus. Les six heures de trajet étaient longs, mais les traditionnelles questions : « c’est quand qu’on arrive ? » ou « c’est encore long ? » n’ont que peu été présentes.


Cette ville montre que nous nous rapprochons de la Chine, un quart de sa population est chinoise. Le grand voisin du nord du Laos semble de plus en plus convoiter ses richesses naturelles et son territoire en y développant des nouvelles voies de communication. Nous avons entendu qu’un projet de train reliant Kunming à Vientiane est en route. S’il se réalise, ce sera des centaines, voire des milliers d’ouvriers chinois qui arriveront ici.  De nombreux projets hydo-électriques financés par la Chine ont aussi vu le jour et c’est des portions de territoires non négligeable qui ont été noyées sous les eaux. Quasiment tous les grands hôtels sont aussi en main de propriétaires chinois… L’impact sur la culture laotienne sera sûrement important.

Aujourd’hui, journée de repos. Jules était un peu barbouillé. (Pour éliminer les éventuelles inquiétudes des grands-parents, il est en pleine forme ce soir). Après un moment d’école cet après-midi, nous avons visité une colline où un That, monument bouddhiste contenant une relique, se trouvait au sommet. Des novices, désireux de pratiquer leur anglais, nous ont approchés et nous avons finalement discuté plus d’une demi-heure avec eux. Envoyés au temple par leur famille, ils y étudient au depuis quatre ans pour les plus âgés. Ils sont issus de famille de sept, huit enfants et ne savent pas encore s’ils veulent consacrer leur vie au bouddhisme. Ils étaient aussi très curieux d’entendre parler de la Suisse, de voir quelques photos de la neige et de connaître nos pratiques religieuses. D’apprendre que la méditation ou le yoga devenaient « à la mode » en Suisse les a étonnés. En attendant, je me dis parfois que le Laos avec une population qui est aussi pratiquante d’une religion prônant la renonciation et la simplicité explique leur manière de vivre et la douceur qui émanent de la plupart de ces habitants.

Nous partons demain plus au nord pour Luang Nam Tha. Puis, nous nous dirigerons plus au sud vers la frontière thaïlandaise. Ensuite, ce sera la traversée expresse de ce pays pour nous rendre par la route au Myanmar, pays dans lequel nous n’avons jamais voyagé. Ce sera une nouvelle aventure et une nouvelle découverte.

Christophe